Le mauvais comportement des Français au volant


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La Fondation VINCI Autoroutes publie la 7e édition du Baromètre de la conduite responsable. Alors que le nombre de personnes tuées sur les routes est en hausse pour la troisième année consécutive – ce qui n’était plus arrivé depuis 45 ans – la Fondation VINCI Autoroutes pour une conduite responsable livre les résultats de son enquête annuelle sur les comportements des Français au volant.




Quelle perception ont-ils de leur propre conduite et de celle des autres ? Sont-ils respectueux des règles du code de la route et font-ils preuve de civisme au volant ? Quelle incidence l’usage des outils connectés a-t-il sur leur conduite ? Comment gèrent-ils le risque de somnolence au volant ? 2 406 Français, représentatifs des régions françaises, ont été interrogés par Ipsos dans le cadre de l’édition 2017 du Baromètre de la conduite responsable.

Malgré une hausse de la mortalité routière depuis 3 ans, le fatalisme recule

Alors même que la courbe de la mortalité routière ne s’est pas inversée en 2016, l’optimisme et le volontarisme progressent : 58 % des Français – soit 3 pts de plus qu’en 2016 – considèrent que le nombre de personnes tuées sur les routes pourra encore baisser de façon très importante dans les prochaines années. Un sentiment particulièrement partagé en Bretagne (64 %, +8 pts), Pays de la Loire (62 %, +6 pts) et Île-de-France (61 %, +4 pts). À l’inverse, l’optimisme est nettement plus mesuré en Bourgogne-Franche-Comté (50 %, comme en 2016) ainsi qu’en Nouvelle Aquitaine, seule région où il perd même du terrain (51 %, -3 pts).

L’autosatisfaction prévaut, c’est d’autrui que vient le danger

Interrogés sur leurs qualités de conducteurs, les Français s’accordent spontanément une très bonne note à titre individuel : 7,7/10 en moyenne. Ainsi, lorsqu’ils décrivent leur propre attitude au volant, la quasi-totalité des conducteurs français (96 %) emploient au moins un adjectif positif : « vigilant » (78 %, et jusqu’à 86 % en Occitanie), « calme » (43 %) et « courtois » (25 %). Ce sont les Normands qui sont les plus complaisants vis à vis d’eux-mêmes (100 % à citer au moins un adjectif positif). Le manque de lucidité des conducteurs s’exprime aussi lorsqu’il s’agit de reconnaître leurs défauts : ils ne sont que 13 % à s’estimer « stressés », 3 % à se considérer « agressifs » (1 % seulement des Franciliens !), et 1 % à se percevoir comme « irresponsables » ou « dangereux ». À l’inverse, lorsqu’ils jugent leurs compatriotes au volant, les Français se montrent nettement plus critiques : ils sont 45 % à les considérer « irresponsables », 39 % à les trouver « dangereux », 33 % « agressifs » et 32 % « stressés ». Ce sont les Franciliens et les habitants de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur qui ont la dent la plus dure envers les autres conducteurs (94 % d’entre eux citent au moins un adjectif négatif pour les qualifier). À l’inverse, c’est en Bretagne et en Bourgogne-Franche-Comté que l’appréciation de la conduite des autres est la plus positive (31 % citent au moins un adjectif positif).

Les incivilités au volant continuent d’augmenter

La quasi-totalité des incivilités identifiées dans le Baromètre de la conduite responsable sont en hausse en 2017. D’ailleurs, près de 9 Français sur 10 (86 % ; +1 pt) ont déjà eu peur du comportement agressif d’un autre conducteur. 68 % (+3 pts) d’entre eux reconnaissent qu’il leur arrive d’injurier les autres automobilistes (76 % en Occitanie, contre 58 % dans le Grand Est). 37 % (+2 pts) collent délibérément les conducteurs qui les énervent et 27 % (+1 pt) doublent à droite sur autoroute – une mauvaise habitude particulièrement ancrée en Île-de-France (48 %). Les Franciliens et les conducteurs d’Auvergne-Rhône-Alpes sont également les plus enclins à descendre de leur véhicule pour s’expliquer avec les autres automobilistes (19 %). L’usage intempestif du klaxon reste également fréquent chez plus d’un Français sur deux (53 %).

Les comportements à risques sont largement répandus

Des règles de sécurité élémentaires ne sont pas respectées par une large part des conducteurs, même si l’on observe certaines améliorations par rapport à l’an dernier : 91 % (-1 pt) d’entre eux admettent dépasser de quelques kilomètres/heure les limitations de vitesse, 60 % (-5 pts) oublient de mettre leur clignotant, 45 % (-5 pts) circulent sur autoroute sur la voie du milieu alors que la voie de droite est libre. 76 % des Français (84 % en région Provence-Alpes-Côte d’Azur) ne respectent pas les distances de sécurité, et plus d’1 Français sur 2 (55 % ;-2 pts) oublie de ralentir à proximité d’une zone de travaux. Il est vrai que plus des trois quarts d’entre eux (77 %) ne savent pas qu’il faut plus de 150 mètres pour arrêter un véhicule lancé à 130 kilomètres/heure sur chaussée sèche… Même le port de la ceinture est loin d’être systématique, puisque près d’1 Français sur 10 (9 %, et jusqu’à 14 % en Occitanie) reconnaît qu’il lui arrive de conduire sans l’attacher. C’est chez les moins de 35 ans que l’on observe le plus grand nombre de comportements dangereux (5,7 en moyenne, contre 4,9 chez les plus de 35 ans).

La conscience du risque d’inattention progresse… mais l’usage des outils connectés au volant également

Plus d’1 Français sur 2 (52 %) identifie désormais l’inattention comme l’une des principales causes d’accidents mortels sur la route (soit une progression de 7 pts par rapport à 2016). Pour autant, l’usage des outils connectés, sources de distraction pour les conducteurs, ne cesse de s’accroître : 39 % (+3 pts) des conducteurs admettent ainsi paramétrer leur GPS en conduisant, 29 % (+3 pts pour la 2e année consécutive) envoient ou lisent des SMS et des mails au volant (49 % parmi les moins de 35 ans), 17 % (+2 pts) reconnaissent signaler des événements en conduisant via une application (23 % en Île–de-France, soit deux fois plus qu’en Bourgogne-Franche-Comté et en Auvergne-Rhône-Alpes). La conversation téléphonique au volant est aussi très ancrée dans les pratiques : 40 % des conducteurs téléphonent avec un système de conversation Bluetooth, une pratique certes autorisée par la loi mais tout aussi risquée (1), et plus d’1 conducteur sur 5 (21 %) continue même de passer des coups de fil avec son téléphone tenu en main, alors même que cette pratique est interdite depuis 2003.

Conduite sous l’emprise d’alcool : une certaine tolérance vis-à-vis de soi-même, contrebalancée par une vigilance développée à l’égard d’autrui

Bien que deux tiers des conducteurs (67 %) désignent la conduite sous l’emprise d’alcool ou de stupéfiants comme la principale cause d’accidents mortels sur les routes, 17 % (+1 pt) des conducteurs français admettent qu’il leur arrive de prendre le volant en étant au-dessus de la limite d’alcool autorisée (21 % en Occitanie). En moyenne, les Français ne s’interdisent de prendre le volant qu’après 2,5 verres, soit davantage que la limite autorisée (équivalente à 2 verres). Ce comportement à risque reste nettement plus courant chez les hommes (26 %) que chez les femmes (16 %). Pour autant, le souci de protection vis-à-vis des personnes alcoolisées susceptibles de conduire semble bien ancré, puisque plus de 3 Français sur 4 (77 % en moyenne, et 81 % des femmes) insistent pour les empêcher de prendre la route, quitte à ce qu’elles le prennent mal, preuve que la conscience en la matière a évolué positivement.

Somnolence au volant
Un risque mieux connu par les Français, mais encore insuffisamment maîtrisé


La dette de sommeil s’aggrave à l’occasion des départs en vacances
25 % (+2 pts) des conducteurs français déclarent dormir 6 heures ou moins en semaine, soit 1 heure de moins que les recommandations des médecins spécialistes du sommeil. À cette dette chronique s’ajoute, pendant les périodes de grands départs, un manque de sommeil conjoncturel : il arrive à 84 % des conducteurs (jusqu’à 90 % en région Provence-Alpes-Côte d’Azur) de se coucher plus tard ou de se lever plus tôt que d’habitude lorsqu’ils partent pour un long trajet, à 71 % de finir leurs préparatifs de départ tard dans la soirée (81 % en Île-de-France) et à 66 % d’entre eux (-3 pts) de partir de nuit.

Des épisodes de somnolence vécus par de nombreux conducteurs

33 % des conducteurs (en hausse de 3 pts) ont déjà eu l’impression de s’être assoupis durant quelques secondes au volant (39 % en Île-de-France) et 25 % ont déjà empiété sur la bande d’arrêt d’urgence ou sur le bas-côté à cause d’un moment d’inattention ou d’assoupissement. Pour autant, près d’1 conducteur sur 2 (45 %) déclare qu’il lui est déjà arrivé de se sentir très fatigué mais de continuer sa route parce qu’il y était contraint (57 % en Pays de la Loire).

Prévenir la somnolence au volant : de bonnes pratiques insuffisamment adoptées.

Si 39 % des conducteurs ont le réflexe de faire une pause toutes les deux heures et que deux tiers (67 %) sont adeptes de la sieste, le temps moyen de conduite sans arrêt (2h49, et jusqu’à 2h55 pour les conducteurs de Provence-Alpes-Côte d’Azur) demeure cependant largement supérieur aux recommandations. Par ailleurs, certaines idées reçues inefficaces ont la vie dure : 82 % des conducteurs (+3 pts) pensent pouvoir lutter contre l’endormissement en discutant avec un passager, et même près d’1 sur 10 (8 % ; +3 pts) en téléphonant ! Toutefois, de nombreux automobilistes ont adopté certaines bonnes pratiques : 81 % des conducteurs décalent le moment de leur départ lorsqu’ils se sentent fatigués et 77 % changent de conducteur au cours des longs trajets. Au final, si les Français sont conscients des dangers de la somnolence au volant (53 % la citent en tête des causes d’accidents mortels sur autoroute), ce risque n’éveille cependant pas encore chez eux le même réflexe de protection à l’égard d’autrui que l’alcool au volant – alors même que 17 heures de veille active équivalent à 0,5 g d’alcool dans le sang : ainsi 54 % d’entre eux n’insistent pas pour retenir un conducteur qui se dit très fatigué avant de prendre la route…