La "tourelle", ce radar qui pourra bientôt tout contrôler sur les routes


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Il fait partie du projet de loi de finances 2018 : pour continuer à améliorer le contrôle des infractions, le gouvernement va faire déployer un nouveau radar multifonctions. Dans les faits, cette "tourelle" pourra presque tout contrôler.

Ceinture, dépassement, smartphone, vitesse, distance de sécurité, plaque d'immatriculation, passage aux feux rouges... le futur radar baptisé "tourelle" pourra, en théorie, contrôler presque toutes vos infractions.

Prévu dans le projet de loi de finances 2018, c'est-à-dire le premier budget du quinquennat Macron, cet appareil d'un nouveau genre va progressivement arriver sur nos routes. 455 radars "tourelles" doivent être déployés sur le territoire d'ici fin 2018.

Nom de code : Mesta Fusion.

Cette tour, plus haute et plus fine que les radars fixes traditionnels, s'ajoute au déploiement de radars urbains qui viendront se greffer, comme leur nom l'indique, au mobilier des villes. Mais c'est bien le radar "tourelle" qui concentre toute l'attention.

Dans les faits, toutes les fonctions de ce nouvel appareil ne seront pas utilisées. Si l'on en croit le document du gouvernement, ce dispositif de contrôle sera "installé dans une tourelle fixe afin de contrôler le franchissement des feux rouges, la vitesse ou le franchissement des passages à niveau".

Un radar déplaçable

D'un point de vue technologie, c'est un monde qui sépare la "tourelle" des bons vieux radars. Elle sera capable de surveiller le trafic sur une distance de 200 m et sur une largeur de huit voies. Par ailleurs, le dispositif sera déplaçable d'une tourelle à une autre afin de déployer un parc de fausses cabines. D’ici 2020, il pourrait y en avoir 6 000 selon le magazine Capital, dont seulement une sur cinq pourrait contenir un radar.

La vidéo de démonstration des radars "tourelles" publiée sur YouTube fait presque l'effet d'un scénario de film futuriste. Il ne s'agit plus ici de prendre des photographies d'infractions isolées dans la circulation mais de surveiller le trafic dans son ensemble. Avec la possibilité de différencier les types de véhicules, de vérifier s'ils ont ou non le droit de circuler sur la zone et de contrôler toute une série d'infractions habituellement sanctionnées par policiers et gendarmes. Utilisation du smartphone et port de la ceinture de sécurité pourraient ainsi, si le gouvernement l'autorise à l'avenir, être contrôlés sans présence des forces de l'ordre.







4 700 radars d'ici fin 2018

Avec ces nouveaux radars, le gouvernement entend bien réduire le nombre d'accidents et augmenter les recettes liées aux contrôles automatisés. "Cette augmentation du plafond de recettes permettra de mener à bien la politique de développement des radars conformément aux décisions prises lors du comité interministériel de la sécurité routière (CISR) du 2 octobre 2015 qui a fixé des objectifs à atteindre d’ici 2020" précise le projet de loi de finances.
D'ici fin 2018, le nombre de radars, toutes catégories confondues, devrait grimper à 4 700 contre 4 600 prévus fin 2017. En septembre, la privatisation des radars embarqués avait déjà provoqué une vive polémique, les associations accusant le gouvernement de vouloir faire exploser le nombre de contraventions. Selon le bilan 2016 rendu public fin juillet, plus de 25 millions de flashs ont crépité cette année, soit 26 % de plus qu'en 2015.